Sécheresse oculaire et écrans : comment protéger ses yeux au travail et quand consulter ?

Femme au bureau se pinçant la racine du nez devant son ordinateur portable, signe de fatigue visuelle et de sécheresse oculaire

Sécheresse oculaire et écrans : comment protéger ses yeux au travail et quand consulter ?

Ordinateur, smartphone, tablette : les écrans occupent désormais une place centrale dans notre quotidien professionnel. Une journée de travail peut ainsi représenter plusieurs heures de sollicitation visuelle rapprochée.

Chez certaines personnes, cette utilisation prolongée s’accompagne de picotements, de fatigue ou encore d’une sensation de sable dans les yeux. La vision devient aussi fluctuante au fil des heures.

Ces symptômes peuvent clairement évoquer une sécheresse oculaire. Les tâches sur écran favorisent d’ailleurs son apparition ou l’accentuent si elle était déjà présente.

Quelques habitudes simples permettent pourtant de protéger ses yeux au travail.

Une consultation ophtalmologique sera également essentielle pour identifier la cause de la sécheresse afin d’envisager, si nécessaire, une prise en charge adaptée.

Sommaire

  1. Quels sont les symptômes d’une sécheresse oculaire ?
  2. Pourquoi les écrans favorisent-ils la sécheresse oculaire ?
  3. Pourquoi rechercher la cause de la sécheresse oculaire ?
  4. 7 gestes simples pour protéger ses yeux au travail
  5. Sécheresse oculaire : quand faut-il consulter un ophtalmologue ?
  6. Quels traitements peuvent être proposés contre la sécheresse oculaire ?
  7. Sécheresse oculaire et écrans : l’essentiel à retenir

Quels sont les symptômes d’une sécheresse oculaire ?

La sécheresse des yeux provoque des manifestations très variées. Leur intensité diffère d’une personne à l’autre, mais évolue aussi au cours de la journée.

Les symptômes les plus fréquents comprennent :

  • des picotements ou des brûlures ;
  • une sensation de sable dans les yeux ;
  • une impression de corps étranger ;
  • un œil rouge ;
  • des démangeaisons ;
  • une fatigue oculaire ;
  • une sensibilité accrue à la lumière (que l’on appelle médicalement « photophobie ») ;
  • une vision fluctuante ;
  • un besoin de davantage cligner des yeux ;
  • et même un larmoiement réflexe.

Une vision qui devient moins nette après plusieurs heures devant un écran peut également être un signe de sécheresse.

Un œil rouge qui s’accompagne de sécrétions ou de paupières collées au réveil oriente en revanche vers une conjonctivite, dont la prise en charge est différente.

Le larmoiement semble surprenant. Pourtant, une irritation de la surface oculaire engendre souvent une production réflexe de larmes. Cette réaction apporte parfois un soulagement qui reste toutefois temporaire.

Il est possible qu’un symptôme isolé soit ponctuel. Des signes fréquents ou persistants méritent en revanche une évaluation ophtalmologique.

Pourquoi les écrans favorisent-ils la sécheresse oculaire ?

L’œil est protégé par un film lacrymal. Ce dernier contient plusieurs composants indispensables au bon fonctionnement des yeux. On y trouve des enzymes, du mucus, des protéines, de l’eau, des graisses, etc.

À chaque clignement, les paupières répartissent les larmes sur la cornée. Ce mécanisme contribue à maintenir une surface oculaire régulière et confortable.

Lorsque nous fixons un écran, notre fréquence de clignements diminue inconsciemment et ils deviennent d’ailleurs incomplets. Ainsi, le film lacrymal se renouvelle moins efficacement. La surface de l’œil reste alors davantage exposée à l’air. L’évaporation des larmes augmente progressivement et une sensation d’inconfort apparaît.

Les conditions de travail peuvent également jouer un rôle dans ce processus :

  • l’air conditionné ou le chauffage ;
  • une atmosphère sèche ;
  • un écran mal positionné ;
  • une ventilation axée vers le visage ;
  • des poussières, des vapeurs ou de la fumée ;
  • un éclairage générant des reflets ;
  • ou un temps prolongé en vision rapprochée.

La sécheresse oculaire possède de nombreuses origines. Les écrans représentent donc un facteur parmi d’autres.

Pourquoi rechercher la cause de la sécheresse oculaire ?

Une sécheresse peut s’expliquer par différents mécanismes. Généralement, une production insuffisante de larmes constitue une cause assez logique. Néanmoins, leur évaporation excessive joue aussi un rôle non-négligeable.

Les glandes de Meibomius, situées dans les paupières, participent notamment à la stabilité du film lacrymal. Ces glandes sébacées produisent des substances graisseuses que l’on trouve dans les larmes et qui empêchent leur évaporation. Lorsqu’elles dysfonctionnent, l’œil s’assèche.

D’autres facteurs peuvent aussi intervenir :

  • l’âge ;
  • des variations hormonales ;
  • une inflammation des paupières ;
  • le port de lentilles de contact ;
  • la prise de certains médicaments ;
  • des antécédents de chirurgie oculaire ;
  • des allergies saisonnières ;
  • un environnement sec ou venteux ;
  • et certaines maladies générales.

Identifier le mécanisme permet d’adapter les conseils et le traitement.

7 gestes simples pour protéger ses yeux au travail

La protection oculaire repose avant tout sur des habitudes faciles à intégrer dans la journée.

1. Pensez à cligner régulièrement

Nous l’avons vu, le clignement joue un rôle essentiel dans la répartition du film lacrymal. Devant un écran, prenez régulièrement conscience de vos clignements de paupières.

Vous pouvez en réaliser plusieurs, complets et lents, lors des pauses visuelles.

Un exercice simple consiste à fermer doucement les yeux pendant quelques secondes. Vous pouvez ensuite les rouvrir progressivement.

Des rappels réguliers sur l’ordinateur ou le téléphone peuvent éventuellement vous aider à intégrer cette habitude.

2. Accordez régulièrement une pause à votre vision

La règle dite « 20-20-20 » constitue un repère pratique.

Toutes les 20 minutes, regardez pendant 20 secondes un objet situé à distance (environ 6 mètres). Ce rituel permet de rompre la fixation prolongée de l’écran.

Profitez également de ces moments pour vous lever, marcher ou regarder par la fenêtre.

L’objectif consiste en fait à alterner les distances de vision tout au long de la journée.

3. Positionnez correctement votre écran

L’ergonomie du poste de travail influence directement le confort visuel.

Pour une bonne installation au bureau :

  • placez l’ordinateur convenablement face à vous ;
  • positionnez son bord supérieur soit au niveau des yeux, soit légèrement plus bas ;
  • gardez une distance confortable avec l’écran (50 à 70 cm environ) ;
  • adaptez la taille des caractères ;
  • évitez les reflets directs ;
  • et ajustez la luminosité selon l’environnement.

Un écran placé légèrement plus bas favorise une ouverture palpébrale (des paupières) moins importante. Cette position peut limiter l’exposition de la surface oculaire.

4. Surveillez l’environnement de travail

L’air sec et les flux de ventilation peuvent accentuer l’évaporation du film lacrymal.

Évitez, lorsque cela reste possible, de travailler directement sous une bouche de climatisation ou face à un ventilateur.

Pensez également à aérer régulièrement votre espace.

En cas d’atmosphère très sèche, une amélioration du taux d’humidité ambiante pourra être envisagée dans le but d’accroître le confort oculaire. Il existe, par exemple, des humidificateurs.

5. Adaptez la lumière

Un éclairage confortable facilite le travail sur écran. Les reflets vont, au contraire, augmenter la gêne visuelle et majorer une sensation de fatigue.

Quelques ajustements s’imposent alors :

  • orientez votre bureau perpendiculairement aux fenêtres ;
  • limitez les reflets sur l’écran ;
  • ajustez sa luminosité et le contraste ;
  • et privilégiez un éclairage homogène de la pièce.

6. Pensez aux lunettes et aux lentilles

Une correction visuelle adaptée reste essentielle. Sans cela, la fatigue ressentie devant l’ordinateur serait accrue.

Une consultation ophtalmologique permet de vérifier votre éventuel besoin en correction.

Attention aussi avec les porteurs de lentilles qui peuvent ressentir davantage de sécheresse lors d’une activité prolongée sur écran. Dans certaines situations, le port de lunettes en remplacement pendant les heures de travail peut s’imposer.

L’ophtalmologue pourra vous conseiller selon votre situation.

7. Utilisez des larmes artificielles si nécessaire

Les substituts lacrymaux peuvent soulager les symptômes de sécheresse oculaire. Plusieurs collyres existent. Le choix dépend notamment de la fréquence d’utilisation et du type de sécheresse.

Si vous utilisez régulièrement des larmes artificielles, votre ophtalmologiste vous orientera vers la formulation la plus adaptée. La prise en charge dépend toutefois de chaque patient.

Sécheresse oculaire : quand faut-il consulter un ophtalmologue ?

Si une gêne occasionnelle peut bénéficier de mesures simples, des symptômes réguliers justifient toutefois une évaluation médicale.

Prendre rendez-vous avec un ophtalmo s’impose lorsque :

  • les symptômes reviennent fréquemment ;
  • la gêne persiste malgré les mesures habituelles ;
  • votre vision devient régulièrement fluctuante ;
  • vous ressentez une fatigue oculaire importante ;
  • les yeux restent rouges de façon répétée ;
  • les larmes artificielles apportent un soulagement insuffisant ;
  • vous portez des lentilles et ressentez une gêne persistante ;
  • ou votre activité professionnelle devient difficile à cause de vos symptômes.

Une consultation ophtalmologique recherchera les différents facteurs responsables de la sécheresse. Pour ce faire, le médecin examinera notamment les paupières, la conjonctive et la cornée.

Selon la situation, des examens complémentaires pourront mesurer la production de larmes ou la stabilité du film lacrymal.

Quels traitements peuvent être proposés contre la sécheresse oculaire ?

La prise en charge dépend évidemment de la cause et de l’intensité des symptômes :

  • adaptation de l’environnement ;
  • hygiène des paupières ;
  • substituts lacrymaux ;
  • gels lubrifiants dans certaines situations ;
  • prise en charge d’une inflammation palpébrale ;
  • ou traitement spécifique lorsque cela est indiqué.

Sachez que les traitements peuvent tout à fait évoluer au fil du suivi, selon les résultats obtenus.

Sécheresse oculaire et écrans : l’essentiel à retenir

Les écrans accentuent la sécheresse oculaire, principalement par la diminution et l’incomplétude du clignement. Quelques gestes simples peuvent améliorer le mieux-être au travail.

  • Cligner des yeux régulièrement.
  • Faire des pauses visuelles.
  • Regarder au loin pour alterner avec l’ordinateur.
  • Limiter les reflets.
  • Positionner convenablement son écran.
  • Éviter les flux d’air directs.
  • Maintenir un environnement lumineux confortable.
  • Utiliser, si besoin, des larmes artificielles selon les conseils reçus.
  • Faire contrôler sa correction visuelle.

Une gêne répétée mérite une consultation avec un ophtalmologue. Ce dernier recherchera la cause de la sécheresse et proposera une prise en charge adaptée au sein de votre clinique des yeux à Bordeaux.

Vos yeux accompagnent chaque journée de travail. Leur confort mérite donc une attention régulière, particulièrement lorsque les écrans occupent plusieurs heures de votre quotidien.

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